News Compare diet (mars 2009)

L’Institut National du Cancer (INCA) vient de publier "un état des connaissances sur l’impact de la nutrition sur les cancers". Ce rapport contredit d’autres rapports faisant état des effets protecteurs du vin et veut prouver que la consommation d’alcool (donc de vin), quelle que soit la dose, augmente les risques de cancer. Le risque de développer un cancer de l’œsophage serait 20 fois plus élevé chez les personnes qui consomment plus de 160 g d’alcool (soit environ 1,5 l de vin) par jour, que chez les personnes qui en consomment 10 g (un verre de vin par jour) ou moins. Le risque de développer un cancer du larynx serait multiplié par 5 chez les personnes consommant au moins 120 g d’alcool par jour par rapport aux personnes ne buvant pas de vin. Le risque de développer un cancer colorectal serait multiplié par 1,5 à 3 chez les consommateurs d’alcool buvant plus de 70 g d’alcool/jour (soit plus de 6 verres de vin/jour ou 1,5 l de bière/jour) par rapport aux non-buveurs. Le risque de cancer du sein serait multiplié par 1,45 chez les consommatrices de plus de 3 verres de vin par jour (soit l’équivalent de 30 g d’alcool/jour ou plus) par rapport à celui chez les non buveuses. L’augmentation de risque de cancer du sein liée à la consommation d’alcool serait plus élevée chez les femmes ménopausées.

Ces études concernent tous les alcools, y compris le vin et la bière. L’INCA recommande de réduire, autant que possible, la consommation des boissons alcoolisées (donc la consommation quotidienne de vin) et de développer des technologies alimentaires permettant une diminution de la teneur en alcool des boissons alcoolisées. Le rapport de l’INCA concerne également la viande rouge, la charcuterie et les fromages.

Le monde viticole (vignerons et élus des régions viticoles) manifeste son fort mécontentement, parlant parfois de prohibition. Le professeur Bernard Debré, chef du service d’urologie à l’Hôpital Cochin (Paris), député et conseiller de Paris se dit "révolté" contre "une étude sans queue ni tête, sans réel fondement scientifique... qui traduit une volonté d’hygiénisme bien pensante". Pour en savoir plus sur les discours des défenseurs du vin : Vin et santé - Vin et Santé, biologie et pathologie vasculaires. En fait, le rapport de l’Institut National du Cancer concerne uniquement le cancer, alors que les études présentant l’aspect protecteur d’une consommation modérée de vin concernent la prévention des maladies cardio-vasculaires. C’est ce qu’on avait appelé le French paradox ou paradoxe français. Ces études montrent la consommation de 1 à 2 verres de vin par jour réduit de 20% le risque de mortalité. Ce risque peut diminuer de 40% pour 2 ou 3 verres de vin par jour pour un homme ou 1 à 2 verres par jour pour une femme.

Les composés phénoliques du vin ont-ils des propriétés antioxydantes et retardent-ils l’apparition des tumeurs cancéreuses ou la transformation de l’éthanol en acétaldéhyde causerait-elle des cancers et l’alcool induirait une déficience en folates tout en modifiant les concentrations d’hormones sexuelles ? Conclusion de Compare diet : l’être humain est complexe et les facteurs de maladie sont multiples. Pour éviter toute polémique stérile, il devient urgent de faire des études pluridisciplinaires qui prendront également en compte tous les paramètres : alimentation, environnement, psychologie, génétique.