Dossier thématique - Alimentation

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Laitages


Naturopathie : Miro, logo diététiques alternatives Choisir ses laitages et pourquoi ?
Vache, chèvre, brebis ou végétal...

Par Laurent FEGE, Praticien de Santé Naturopathe


Où habite le peuple qui court 3 à 4 fois moins de risques de cancer, d’ostéoporose et d’autres maladies dégénératives liées à l’âge ?
Avec 4 fois plus de centenaire qu’en Occident.

C’est à OKINAWA que l’on vit le plus longtemps sur terre.

Leurs secrets ???

Une alimentation frugale, sans produit laitier et pauvre en calories mais rassasiante car majoritairement constituée de végétaux...

Comme le dit si bien Thierry Souccar (auteur de Lait Mensonges et Propagande) en Occident, nous vivons dans une période de LACTOOLISME avec une surconsommation des laitages de vache sous toutes ses formes.

Les lobbies du lait sont mondiaux et inondent nos écrans de pub avec les bienfaits du lait de vache, renforcés par des campagnes de prévention sur le calcium nécessaire à la croissance de nos enfants et sur les risques d’ostéoporose s’il y a carence.

Alors quelle est la meilleure source de calcium et quel est son taux d’assimilation ?

L’assimilation du calcium laitier animal par notre organisme atteint un taux record de 30 à 35 %.
L’assimilation du calcium végétal est nettement supérieure, le double, pouvant atteindre 70 % pour les végétaux fortement consommés frais ou cuits à la vapeur douce. C’est le calcium le plus bio disponible (rappelez vous de la santé des Okinawais).
On peut parfaitement consommer du calcium sans ou sans trop de produits laitiers au lait de vache avec des choux, persil frais, sardines, crevettes..., mais aussi avec du lait de chèvre ou de brebis et les laits végétaux du type amande, avoine, noisette, etc...

Avant de vous présentez quelques éléments scientifiques et des arguments pour un changement de votre mode de consommation des différents produits laitiers, il me semble important de commencer par l’élément suivant.

Le lait de référence est le lait maternel

1°/ il a le prix de revient le plus bas, la qualité la plus élevée et la présentation la plus attirante.

2°/ Sa composition est très variable, au cours de la lactation, au long de la journée et même pendant la tétée.

3°/ Il est judicieusement constitué de (7 facteurs de croissance par rapport aux 3 du lait de vache IGF, TGF et EGF) mais aussi :

Différences entre le lait maternel et le lait de vache ?

Analyse comparative pour 100 ml : Lait maternel - Lait de vache

Analyse comparative Lait maternel Lait de vache
Energie (cal) 65 à 75 65 à 75
PROTEINES (g) 1 g 3,5 g
Caséines/solubles 40/60 80/20
Caséines 0,4 g 2,8 g
Lactosérum 0,6 g 0,7 g
Beta Lactoglobuline NON 0,6 g
Immunoglobuline OUI NON
Lactotransferrine OUI Traces
LIPIDES 4 g 3,8 g
Ac. Linoléique 350 mg 90 mg
GLUCIDES 6,8 g 5 g
LACTOSE 85% = 6 g 98% = 5 g
AUTRES Oligosaccharides NON
SELS MINERAUX 200 mg 700 mg
Sodium 17 mg 76 mg
Calcium 34 mg 130 mg
Phosphore 14 mg 91 mg
Fer 0,5 mg 0,45 mg
Zinc 1,18 mg 3,9 mg

Ces différences n’expliqueraient-elles pas que :

En un an un enfant prend environ 5 kg, développe et construit son système nerveux central (cerveau) et périphérique (moelle épinière), il marche, parle, reconnaît toute la famille...
A un an, le veau lui, pèse 150 kg de plus qu’à la naissance, il a développé un squelette et une musculature importante, mais son cerveau n’a pas changé, il est aussi bête qu’à la naissance.

Les laits végétaux

Sont une boisson non laitière à base d'ingrédients végétaux, une alternative au lait d'origine animale, ils pallient et évitent les intolérances alimentaires aux produits laitiers. Il existe divers laits végétaux : à base de soja, de riz, d'avoine, d'amandes, de noisettes, de noix, de châtaignes, parmi les plus connus mais aussi de quinoa, de sésame, de tournesol, de millet, de chanvre, de souchet, d'orge, de kamut, d'épeautre ou laits multi-céréales...

Le lait de soja, riche en protéines d'excellente qualité. Sa richesse en phyto-œstrogènes lui confère des propriétés intéressantes au moment de la ménopause. Enfin, ses fibres protègent le système cardiovasculaire et régulent le niveau du cholestérol sanguin. Contient du calcium (deux fois plus que dans le lait de vache), du potassium, du magnésium, du phosphore, des vitamines A, B1, B2, B3, B6, et E.
Attention toutefois car les phytoestrogènes ont des effets sur le développement et le fonctionnement neuroendocrinien et immunitaire.

Le lait d’avoine est très bon pour la santé et contient encore moins d’acides gras saturés que le lait de soja. Si certaines personnes n’aiment pas le goût particulier du lait de soja ou du lait de riz, le lait d’avoine est lui très bon au goût. C’est un lait léger, doux et au goût un peu sucré.
Le lait d’avoine a une haute teneur en fibres et notamment en bêta-glucane qui a des propriétés régulatrices sur la glycémie et sur le taux de cholestérol sanguin. Les protéines de l’avoine sont riches en tryptophane et participent à la production de sérotonine et mélatonine chez l’homme. Enfin, les lipides possèdent un taux important de galactolipides, qui pourraient avoir un effet bénéfique sur le système nerveux. Il contient du gluten.

Le lait d’amande est nutritif et antiseptique pour les intestins. Il contient des vitamines, B1, B2, B3 et E du calcium, du fer, du magnésium, phosphore, zinc et potassium riche en fibres dont 80 % sont insolubles et 20 % sont solubles.
Lait riche en protéines végétales avec un niveau d’acides animés plus élevé en arginine, mais plus faible en lysine, un acide aminé considéré comme essentiel à l’organisme. L’arginine a un effet cardioprotecteur en diminuant le taux de cholestérol sanguin.
Il ne contient pas de gluten.

Le lait de noisette : la noisette est reminéralisante. Plus encore que le lait d’amande. Il est très riche en calcium, fer, magnésium et en acides gras mono-insaturés (protection du système nerveux, protection des maladies cardio-vasculaires).

Ses matières grasses sont surtout mono insaturées et très riches en acide oléique et linoléique, remarquable, par son apport d’Acide folique, vitamine A et E.
Il ne contient pas de gluten.

Le lait d’épeautre : L’épeautre est une variété ancienne de blé qui a subit moins de croisement et qui est donc plus digeste. Ce lait contient des vitamines B, D, E (antioxydant), du calcium, du fer et du magnésium
Il contient du gluten.

Le lait de riz est le lait végétal le plus doux et le plus digeste. Il apporte de la silice constituant essentielle des os et cartilages, qui permet la bonne fixation du calcium et du magnésium. Certains laits de riz sont réalisés à bases de riz complets (à privilégier).
Il ne contient pas de gluten.

Le lait de quinoa est très riche en minéraux, fer, calcium, magnésium et acides gras essentiels.
Le quinoa a une teneur élevée en lysine, un acide aminé souvent manquant dans les produits céréaliers comme le blé et le maïs. Il a aussi un bon contenu en méthionine, en cystine, en arginine, en histidine et en isoleucine.
Il a un faible pourcentage de prolamines (sorte de protéines), ce qui indique qu’il est sans gluten et donc intéressant pour les gens qui souffrent de la maladie coeliaque.

Le lait de châtaigne est reminéralisant, naturellement riche en sucre, très digeste. La châtaigne a la propriété d’alcaliniser l’organisme.
C’est un bon aliment pour les estomacs délabrés, pour les acidités gastriques. Il a un gout délicieux. Il ne contient pas de gluten.

Les laits végétaux sont exempts de caséine, de lactose, de cholestérol, riches en vitamines et sels minéraux

Les laits d’origine animale

Lait de vache. Le Lait de vache est un aliment complet, très nourrissant (voir trop...), 100 g de lait contient 87 g d'eau et 13 g de matières sèches.

Les principaux constituants de la matière sèche du lait sont :

  • Les matières grasses : C’est le constituant le plus variable du lait, constitué d'un mélange d'acides gras saturés et non saturés
    Rappelez-vous, acide linoléique : 350 mg dans le lait maternel pour 90 mg pour le lait de vache (acides gras insaturés essentiels pour les synthèses cérébrales que l'organisme humain ne sait pas fabriquer).
  • Les protéines qui se repartissent en 2 groupes
    - Les protéines de la caséine 80%
    - Les séroprotéines 20%
    Rappelez-vous, la caséine du lait maternel 0,4 g pour 2,8 g pour le lait de vache
  • Le lactose : C’est un sucre disaccharide, son pouvoir sucrant est six fois plus faible que celui du saccharose, mais il provoque certaines intolérances.
    Rappelez-vous, il est présent à hauteur de 85% dans le lait maternel et 98% dans le lait de vache
  • Les composants secondaires : les sels, les enzymes, les vitamines (A, B2 et B12, D et E en faible quantité) et les oligo-éléments (calcium, phosphore, magnésium, potassium, etc...)
    Rappelez-vous, le calcium du lait maternel 34 mg pour 130 mg pour le lait de vache; le phosphore du lait maternel 14 mg pour 91 mg pour le lait de vache; le sodium du lait maternel 17 mg pour 76 mg pour le lait de vache

Lait de jument. Dans le lait de jument, plus de 90% des matières azotées sont sous forme de protéines et la composition en acides animés des protéines totales de ce lait s'écarte en partie de celles des laits des autres espèces. Dans l'espèce équine, seulement 47% à 68% de l'azote du lait est sous forme de caséines, alors que ce pourcentage est de l'ordre de 80% chez la vache, la bufflonne, la chèvre et la brebis. Le lait de jument ne contient que 13 g de caséines par litre contre 25 g pour le lait de vache. Par contre, les teneurs en protéines des laits humain et équin sont très proches.
Le lait de jument constitue la matière première du kéfir et du koumis, boissons fermentées, légèrement gazeuses et alcoolisées traditionnellement consommées dans le Caucase et en Asie centrale.

Lait de chèvre. Le profil en acides aminés totaux du lait de chèvre est proche de celui du lait humain et les acides aminés essentiels s'y trouvent en excès relatif par rapport aux besoins du nourrisson.
Par comparaison avec le lait de vache, les protéines du lait de chèvre contiennent proportionnellement moins de caséines et davantage d'azote non protéique. La teneur proportionnellement moindre en caséines s'explique en partie par une absence quasi complète de l'a 15 caséine (une protéine très présente dans le lait de vache) de sorte que les sujets allergiques uniquement à cette protéine supportent souvent le lait de chèvre.
Comme chez la vache, la bêta-lactoglobuline constitue la protéine majeure du lactosérum du lait de chèvre. Les compositions aminées de la bêtalactoglobuline et de l'a-lactalbumine du lait de chèvre sont très proches de celles du lait de vache. Des allergies croisées entre laits de ces deux espèces ne sont donc pas rares. Cela réduit l'intérêt du lait de chèvre pour les sujets allergiques, bien que....
Enfin, dans le lait de chèvre, la fraction d'azote non protéique (en particulier l'urée) représente, comme dans le lait de femme, une proportion bien plus élevée que chez la vache.

Lait de brebis. Il est plus riche en protéines que les autres laits. En particulier, il contient beaucoup d'a-caséine. La caséine forme des micelles chargées de phosphore et de calcium de caractéristiques physico-chimiques semblables à celles du lait de vache, mais de dimensions légèrement réduites. On trouve davantage de phosphore et de calcium dans la phase colloïdale, autant dans la phase soluble que dans le lait de vache. Ces différences impriment à ces laits des caractéristiques différentes de coagulation: le lait de brebis coagule plus vite et donne un coagulum plus ferme que le lait de vache. C'est pourquoi il est très utilisé en fromagerie (comme le lait de chèvre).
La richesse du lait de brebis en protéines sériques est surtout marquée par une teneur élevée de bêta-lactoglobuline et d’immunoglobulines.
L'azote non protéique (de 6% à 8% de l'azote total) est distribué un peu différemment de celui du lait de vache: plus d'urée et d'acide urique et moins d'acides aminés libres.

Quelles différences entre le lait de vache, le lait de jument, le lait de chèvre ou brebis? Sont-ils égaux au niveau des méfaits ou le lait de chèvre est-il "moins mauvais " pour notre santé ?

Je pense qu'il n'y a pas beaucoup de différences, en tous cas pas dans la teneur en protéines, calcium, lactose. Les chèvres étant de petits animaux, il y a moins de facteurs de croissance et d'hormones, donc un avantage aux chèvres.

A la lueur de tout cela, il est aisément compréhensible que le lait de vache soit un mauvais aliment pour l’homme à tout âge à moins qu’il n’en use que très parcimonieusement c’est à dire au plus un laitage par jour. En importante quantité il ne peut être qu’une source majeure de perturbation nutritionnelle et donc source de multiples pathologies.

En effet, les produits laitiers favoriseraient les troubles ORL suite au dépôt de macro molécules de lait non digérées dans l’appareil respiratoire et à la production de mucus qui déclenche les bronchites, otites, rhinopharyngites, asthme. Ils contribuent aussi à l’aggravation de certains problèmes de peau tels que l’eczéma, et sont à l'origine de troubles digestifs, mais aussi de pathologies bien plus lourdes.

Mais de quelles pathologies parle-t-on ? LE CANCER

En effet des chercheurs américains viennent de démontrer que chez les hommes de plus de 55 ans, des taux élevés d’IGF-1 (insuline-like growth factor) sont associés à une mortalité accrue par cancer. L’IGF-1, c’est le bras armé de l’hormone de croissance, une protéine qui stimule la prolifération de toutes les cellules. Elle est importante pour la croissance et le développement des jeunes enfants et les adolescents. Cependant, elle peut aussi accélérer le développement de cancers latents et empêcher les défenses cellulaires de supprimer des cellules précancéreuses. Jacqueline Major et ses collègues de l’université de Californie ont voulu vérifier s’il existait un lien entre le taux d’IGF-1 et la mortalité par cancer. Le risque de cancer mortel était 82% plus élevé, pour les volontaires qui affichaient un taux d’IGF aux alentours de 100 ng/mL.

Les taux d’IGF-1 sont influencés par de nombreux facteurs. Ils peuvent avoir une origine génétique ; ils peuvent aussi être programmés par des événements intervenus dans la vie utérine ou dans la petite enfance.

L’alimentation module aussi le taux d’IGF-1. De nombreuses études mettent en avant le fait que la consommation de laitages entraîne une augmentation du taux d’IGF-1 et du risque de cancer.

En cas de cancer, le médicament que l’on prescrit préventivement en cas de facteurs de risques ou/et pour éviter les récidives abaisse les taux de ce même facteur IGF-1 que vous apporte généreusement le lait de vache et ses dérivés. Alors prudence...

Pour en savoir plus sur la naturopathie : le site de Laurent FEGE

Pour fabriquer soi-même les laits végétaux dont il est question dans l’article.


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