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Liens entre la diététique hippocratique
et la diététique ayurvédique

Hippocrate, logo diététique hippocratique Diététique ayurvédique ----- Dhanvantari, logo diététique ayurvédique Diététique hippocratique


Introduction

Comme la diététique hippocratique, la diététique ayurvédique est issue d'une médecine savante et non d'un savoir faire populaire. Elles s'appuient toutes deux sur une doctrine médicale scientifique qui veut que le corps humain soit une représentation (un microcosme) de l'univers. Cette théorie est actuellement contestée, mais les médecins ayurvédiques ont su mettre au point une pratique médicale efficace qui s'appuyait sur l'expérience, ce qui explique pourquoi ce système médical existe encore aujourd'hui.

Des contacts indirects ou directs entre médecine indienne et médecine occidentale se sont produits à plusieurs époques. Il semble qu'il y ait eu peu ou pas de contacts directs entre les médecins grecs de l'Antiquité et les médecins ayurvédiques. Des légendes circulent à ce sujet, mais aucune preuve réelle. En revanche, nous avons quelques certitudes : les Indiens étaient en contact avec les Perses dans l'Antiquité et les Perses avaient de nombreux contacts avec les Grecs. Ensuite, avec l'arrivée de l'Islam et le développement de l'empire abbasside de Bagdad, de nombreux contacts directs ont eu lieu entre médecine arabo-persane (d'origine hippocratique) et médecine ayurvédique. Ces contacts ont ensuite profité indirectement à la médecine occidentale, qui a redécouvert Hippocrate, Galien et toute la pharmacopée hippocratique à partir de la médecine arabe. Tous ces contacts expliquent certaines ressemblances entre la médecine hippocratique et la médecine ayurvédique et la présence de médicaments d'origine arabe dans la pharmacopée ayurvédique et de médicaments d'origine indienne dans la pharmacopée hippocratique.

Contacts entre Perse et Inde

- Dans l'Antiquité, la brillante civilisation de l'Indus développe des liens avec la Perse et la Mésopotamie. On retrouve des termes médicaux communs dans les Védas indiens (Atharva-Véda, fin 2e millénaire av. J.C.) et l'Avesta perse (livre sacré, 6e siècle av. J.C.) : maladie se dit Yascka en persan ancien et Yaxman en sanscrit, médicament se dit Bashazat dans l'Avesta et Bhishaja en sanskrit.

- Puis Darius, roi des Perses (522 – 486 av JC) a conquis la vallée de l'Indus. Il avait un médecin grec (Démocédès de Croton). Ces contacts expliqueraient les ressemblances dans la théorie des humeurs et pourquoi on retrouve particulièrement les théories indiennes dans le traité des Vents d'Hippocrate et dans le Timée de Platon.

- Des textes médicaux indiens ont été traduits en vieux persan, dès les premiers siècles, avant l'islamisation de la Perse (Samhitâ de Susruta et Sutrasthana, première partie de la Samhitâ de Caraka).

- Au 6e siècle, des chrétiens nestoriens se regroupent en Perse, et créent à Gondichapour (ou Gondishapur ou Jondishapour, près de l'actuelle ville d'Ahwaz, en Iran du Sud Ouest) une grande école de médecine, appelée Academia Hippocratica, où la médecine du monde grec rencontre les traditions médicales indienne et persane. Des médecins nestoriens auraient ramené d'Inde et traduit des textes de médecine indienne. Entre le 7e et le 9e siècle, les médecins nestoriens de Gondichapour sont les principaux traducteurs en arabe des textes d'Hippocrate et Galien, certains d'entre eux deviendront médecins attitrés des califes de Bagdad.

Contacts entre Inde et arabes de Bagdad.

- Entre 750 et 1258, le califat abbasside de Bagdad dirige un vaste empire qui va de l'Indus à l'Espagne. Culture grecque et culture indienne se rencontrent dans la fameuse "Maison de la Sagesse" (Bait al-hikma) de Bagdad.

- Au 8e siècle, le médecin indien Manikya est invité à la cour d'Haroun al-Rachid pour traduire en arabe la Susruta-Samhitâ.

- Au 10e siècle, un pharmacien perse, Abu Mansur Muwaffaq, écrit le Kitab'l Abniya an Haq'iq'l Adwiya (livre des Fondements et Vraies Propriétés des Remèdes), à partir de sources grecques et indiennes.

Ressemblances entre diététique hippocratique et diététique ayurvédique

- Le corps humain est un microcosme de l'univers. Dans la médecine hippocratique, le corps est composé d'eau, d'air, de terre et de feu. Dans la médecine ayurvédique, le corps est composé d'eau, d'air, de terre, de feu et de vide.

- Chez Hippocrate et dans l'Ayurvéda, les saisons, l'habitat, le genre de vie, la nourriture que l'on mange favorisent la santé ou la maladie.

- Dans les 2 diététiques la digestion est une cuisson des aliments par le feu corporel.

- Dans les 2 médecines, pour conserver la santé ou pour guérir de la maladie, la diététique est un élément primordial.

- Dans la médecine hippocratique, il y a 4 tempéraments de base : bilieux (la bile), sanguin (le sang), flegmatique ou lymphatique (le phlegme) et atrabilaire (la bile noire). Dans la médecine ayurvédique, il y a 3 tempéraments de base : Vata (l'air), Pitta (la bile), Kapha (le phlegme).

- Dans les 2 diététiques, on doit manger des aliments adaptés à son tempérament ou rétablissant l'équilibre rompu.

- Dans les 2 diététiques existent des catégories complexes concernant la nature des aliments.

- Dans les 2 diététiques, on se méfie des aliments crus.

La médecine ayurvédique a survécu à l'arrivée de la médecine scientifique occidentale qui a balayée la médecine hippocratique. Mais on peut considérer que ces 2 médecines, au-delà de leurs différences culturelles, ont des principes de base très voisins.


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