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Article : Epices, herbes aromatiques.

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Basilic

Pour Hippocrate, le basilic est sec et resserrant (il constipe).

Pour Celse, au 1e siècle, le basilic fait partie des aliments âcres (ceux qui ont trop d'astringence, qui sont acides ou salés). C'est aussi un répercussif réfrigérant. Il fait uriner.

Pour Jean Mésué au 9e siècle, le basilic est bon pour la palpitation provenant de la combustion du sang épais et du flegme fin.

Pour Grégoire au 13e siècle, le basilic, chaud, sec, fortifie le cœur, cause l'écoulement, dissipe et arête le sang qui coule du nez.

Pour Aldebrandin de Sienne au 13e siècle, le basilic est chaud et sec. Il nourrit mal et fait mal à la tête, il trouble la vue, dessèche le lait et ôte le talent d'user des femmes.

Pour le Tacuinum Sanitatis, le basilic est chaud au 2e degré et sec au 1e degré. Il est astringent et son jus purge le ventre. Il faut le prendre avec du pourpier s'il trouble la vue. Il donne des humeurs âcres et flatulentes. Le basilic convient aux complexions froides, aux gens âgés, l'hiver et dans les régions septentrionales.

Pour Platéarius, le basilic est chaud et sec au 2e degré. Du basilic cuit dans de l'eau de rose est bon contre les pâmoisons et autres maladies de coeur. Le basilic cuit dans du vin blanc est bon contre la froideur de l'estomac... ce vin est très réconfortant et fleure bon. Un bain chaud avec de lu basilic cuit dans l'eau nettoie la matrice, provoque les règles. Le basilic cuit dans du vin et de l'huile, qu'on applique sur le ventre, soulage les douleurs de colique.

Pour Platine au 15e siècle, le basilic est chaud et sec. Mélangé à du vin et du vinaigre, il guérit les morsures de scorpion, fait uriner, améliore l'hydropisie et favorise la luxure. Le basilic a une force telle qu'il faut l'utiliser avec modération car il engendre la colère et trouble la vue. Un excès de basilic peut créer des flatulences et couper le désir sexuel.

Jean Bruyérin-Champier, au 16e siècle, reprend les critiques des anciens sur le basilic : il est nuisible à l'estomac, à la miction et à l'activité visuelle... il provoque la démence, la léthargie et des maladies du foie. Mais, pour être objectif, ce médecin lyonnais reprend aussi le point de vue des arabes : on lui attribue des vertus curatives remarquables, étant donné qu'il serait particulièrement favorable au coeur.

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Cannelle

Pour Dioscoride, dans l'antiquité : Tout cinamome [la cannelle] échauffe, remollit, fait digestion, provoque l'urine, il est bon contre le poison et les bestes qui guettent Venim (Dioscoride, I, 13 ; traduction de J. de Moulins en 1572, citation Toil'd'épices).

Pour Jean Mésué au 9e siècle, la cannelle (cinnamome) adoucit les douleurs qui surviennent aux femmes lors de l'accouchement; elle est bonne pour la toux provenant de l'humidité.

Pour l'Ecole de Salerne, au 11e siècle (traduction 19e siècle) :

Une cannelle pure offre maint avantage:
Du foie et de la voie elle affermit l'usage;
Le battement de cœur par elle disparaît;
La vigueur du poumon et de l'esprit renaît.

Pour Grégoire au 13e siècle, la cannelle (cinnamome) est chaude et sèche, cause l'écoulement, diminue et atténue.

Pour Aldebrandin de Sienne au 13e siècle, la cannelle est chaude et sèche au 2e degré. Elle consolide les qualités du foie et de l'estomac. S'il y a des maladies qui proviennent de froides humeurs et qui empêchent de digérer la viande, il est bon de consommer de la poudre de cannelle avec de la poudre de carvi. Une sauce avec de la cannelle, du persil, de la sauge et du vinaigre donne envie de manger, renforce la tête et donne une bonne haleine.

Pour Platéarius, la cannelle est chaude et sèche au 3e degré. La cannelle de Chine a des vertus diurétiques... elle consume et dégage les humeurs. Contre le rhume et la fièvre, Platéarius propose des pilules à base de cannelle, storax (benjoin) et jus d'absinthe ou des fumigations d'eau de rose et de cannelle. Le vin de cannelle et basilic est efficace pour les problèmes urinaires. Une décoction ou un sirop de cannelle sont bons en cas d'obstruction du foie, de la rate, des reins et de la vessie. Un vin à base de cannelle, mastic et fenouil ou de cannelle et miel aident à la digestion. Un vin d'eau de rose et de cannelle peut servir de déodorant et un gargarisme de cannelle et storax chasse les mauvaises odeurs de la bouche ou la pourriture des gencives. Un sirop de cannelle, poudre de rose, d'os de cœur de cerf est efficace contre les douleurs de coeur et la pâmoison.

Pour Platine au 15e siècle, la cannelle est chaude et sèche. Elle favorise la digestion, fait dormir, améliore la vue et sèche les humidités qui sont dans la tête et l'estomac. La cannelle adoucit la toux. Elle est bonne contre les inflammations des muqueuses, l'hydropisie et les maux de rein. Une sauce à base de cannelle, persil, sauge et vinaigre donne envie de manger, conforte le cerveau et fait bonne haleine.

Pour Jean Bruyérin-Champier, au 16e siècle, la cannelle est salutaire en temps d'épidémie, si l'on en prend à jeun. En effet, elle combat la putréfaction. On en saupoudre sur les aliments froids et humides. Il est bon d'en prendre en cas de pollution des eaux.

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Clou de girofle

Pour l'Ecole de Salerne, au 11e siècle (traduction 19e siècle) :

La fleur prise au matin débarrasse la tête,
De son bouillonnement dissipe la tempête;
Dessèche les humeurs, excite les amours;
Au cerveau, qu'elle allège, envoie un prompt secours,
Et de l'esprit épuisé, réparant un long trouble,
Rappelle les douceurs d'un sommeil qui redouble.

Pour Aldebrandin de Sienne au 13e siècle, le clou de girofle est chaud et sec au 3e degré. Il conforte la nature de l'estomac et du corps, détruit les ventosités et les mauvaises humeurs grosses et vicieuses qui sont engendrées par le froid.

Pour Platéarius, le clou de girofle est chaud et sec au 3e degré. La forte odeur des clous de girofle chasse les humeurs. Du vin dans lequel on cuit des clous de girofle et de la semence de fenouil fait digérer. Des pilules à base de clou de girofle sont utiles contre les difficultés de souffle causées par froidure. Contre les vomissements, on boit de l'eau de rose dans laquelle a cuit des clous de girofle et du mastic. Contre les maux de cœur et la pâmoison, on donne de la poudre de clous de girofle avec du jus de bourrache.

Pour Platine au 15e siècle, le clou de girofle a des vertus voisines du poivre. Il est meilleur que le poivre pour le foie et la vue. Il combat les flatulences et les humeurs engendrées par le froid. Il favorise la digestion de la viande (vin de girofle avec des graines de fenouil).

Du lait avec du clou de girofle, bu à jeun, fortifie la puissance et nature d'homme pour faire habiter avec femme.

Pour Jean Bruyérin-Champier, au 16e siècle, le girofle empêche la mauvaise haleine de s'exhaler... il est échauffant.

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Coriandre

Pour Hippocrate, la coriandre est chaude et resserrante; elle fait cesser les aigreurs; mangée en dernier lieu, elle fait aussi dormir.

Pline (23-79), écrit, dans son Histoire naturelle, que la coriandre verte a de grandes propriétés rafraîchissantes. Elle guérit, avec du miel ou du raisin sec, les ulcères serpigineux, ainsi que les testicules, les brûlures, les charbons, les oreilles; avec du lait de femme, les épiphoras des yeux; les flux de ventre et des intestins, la graine prise dans de l'eau. On la prend en boisson avec de la rue, dans le choléra. La graine expulse les vers intestinaux, prise en boisson avec le suc de la grenade et l'huile. Xénocrate rapporte une chose merveilleuse, si elle est vraie : les règles s'arrêtent un jour chez les femmes qui prennent un grain de la semence; deux jours, chez celles qui en prennent deux, et ainsi de suite, d'après le nombre de grains pris. M. Varron pense qu'avec de la coriandre légèrement pilée, du cumin et du vinaigre, on empêche toute espèce de viande de se gâter pendant l'été.

Pour Celse, au 1e siècle, la coriandre fait partie des aliments qui rafraîchissent. Elle fait uriner. C'est un répercussif réfrigérant. Elle fait uriner.

Pour Jean Mésué au 9e siècle, la coriandre améliore la nourriture dans l'estomac, bien qu'elle tue si on en abuse et si on la prend seule.

Pour Grégoire au 13e siècle, la coriandre a diverses vertus, aide contre les tumeurs chaudes et dissipe les écrouelles.

Pour Platéarius, la coriandre est chaude et sèche au 2e degré. La graine de coriandre dans les aliments, améliore la digestion et combat les flatulences. La feuille de coriandre resserre le ventre et calme les rots aigres; donnée après le repas, elle fait dormir.

Pour Platine au 15e siècle, la graine de coriandre mélangée au vin doux encourage la luxure, mais il faut en user avec modération, car elle peut être dangereuse pour la santé et couper le désir. La coriandre échauffe, fait dormir. Elle est vermifuge. Elle conforte l'estomac chaud mais peut être dangereuse pour la vue. Il est préférable de manger la coriandre avec du miel ou des raisins sec, dans du vinaigre, le tout mis en dragées avec du sucre. Dans ce cas, la dragée de coriandre se mange entre les services de table, contre les vapeurs qui montent au cerveau ou contre l'ivresse.

Pour Jean Bruyérin-Champier, au 16e siècle, les graines de coriandre dans du vinaigre et en dragées, sont bonnes pour ceux qui ont la tête et l'estomac délicats. Elles servent aussi à purifier l'haleine. La coriandre broyée avec du cumin dans du vinaigre conserve la viande en été.

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Cumin

Pour Celse, au 1e siècle, le cumin fait partie des aliments de mauvais suc.

Pour Jean Mésué au 9e siècle, le cumin jaunit le teint si le visage en est imprégné.

Pour l'Ecole de Salerne, au 11e siècle (traduction 19e siècle) :

Il stimule à la fois l'amour et l'appétit;
D'uriner plus souvent cause un besoin subit;
Il dissipe du foie une obstruction vaine,
Et du sang menstruel il resserre la veine;
Des vents de l'estomac il chasse la vapeur,
Et, mâché, sur la face étale la pâleur.
Au temps de la grossesse, une femme prudente
Refuse du cumin la graine pâlissante.

Pour Grégoire au 13e siècle, le cumin, chaud et sec, chasse les vents.

Pour Aldebrandin de Sienne au 13e siècle, le cumin est chaud et sec au 2e degré. Le vin de cumin, avec des figues, est bon pour ceux qui ont des humeurs froides ou des douleurs de ventre.

Pour Platéarius, le cumin est chaud et sec au 2e degré. Il a des vertus diurétiques et évacue les ventosités. Mis dans les sauces et les aliments cuits, il en facilite la digestion... Contre la toux, donner du vin où le cumin et des figues sèches auront cuit. Ce vin de cumin est aussi efficace en emplâtres contre les joues et le cou enflés et douloureux. La poudre de cumin mêlée à de la cire fondue est un remède sûr et efficace contre les bleus résultants d'un coup.

Pour Platine au 15e siècle, le cumin est chaud et sec. Il est bon pour l'estomac des flegmatiques et des catarrheux (inflammation des muqueuses). Le cumin fait uriner, améliore les douleurs de vessie et de ventre. Du cumin pilé dans du vin doux combat la gravelle (problème urinaire). Le cumin améliore la digestion. Mais celui qui en mange souvent peut pâlir de la face.

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Gingembre

Pour Jean Mésué au 9e siècle, le gingembre ramollit le ventre et éclaircit la vue.

Pour l'Ecole de Salerne, au 11e siècle (traduction 19e siècle) :

Au froid de l'estomac, des reins et du poumon,
Le gingembre brûlant s'oppose avec raison;
Confit encore il rend un semblable service.
Mâché dès le matin, aux poitrines propice,
Il sait les amollir, épurer leur humeur,
Et des reins écarter un phlegme corrupteur.
Son usage fréquent éclaircira la vue,
Il dessèche l'humeur ou prévient sa venue;
Il expulse le sang que renferme le cœur;
De l'estomac plus fort il accroît la chaleur,
Chaleur bonne à dompter l'aliment qu'on digère,
Le purge d'une humeur désagréable, amère;
Eteint la soif; ranime, excite le cerveau;
En la jeunesse éveille amour jeune et nouveau.

Pour Aldebrandin de Sienne au 13e siècle, le gingembre est chaud au 3e degré et moite, bien qu'il ne le semble pas. Il a pour nature de consolider l'estomac froid et d'amollir les intestins. Il fait bien digérer la viande.

Pour Platéarius, le gingembre est chaud au 3e degré et humide au 1e degré. Le gingembre cuit dans du vin, avec des figues et des raisins est utile contre la toux causée par froidure de la poitrine. Gingembre et cumin cuits dans du vin sont aussi bon contre les douleurs d'estomac dues à des ventosités et facilitent la digestion.

Pour Platine au 15e siècle, le gingembre est chaud et sec. Il est bon pour l'estomac froid. Quand on mange en entrée le melon, les concombres et autres fruits, les salades, le gingembre réchauffe ces aliments. Il améliore la mémoire et protège des morsures des bêtes venimeuses.

Pour Jean Bruyérin-Champier, au 16e siècle, le gingembre est recommandé contre les aigreurs d'estomac et contre le refroidissement des intestins. Mais surtout, on dit qu'il est aphrodisiaque... On utilise le gingembre en poudre dans les cuisines, ainsi que comme antidote.

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La moutarde

Pour Hippocrate, la moutarde est chaude et laxative.

Pour Platéarius, la graine de sénevé est chaude et sèche au 4e degré. Elle est utilisée contre le début de paralysie, en poudre elle fait éternuer et nettoie le cerveau du flegme superflu. Un mélange vin + sénevé et figues cuits est bon pour faciliter la respiration quand il y a des humeurs gluantes.

Pour Hildegarde de Bingen au 12e siècle, la moutarde est chaude et sèche. Elle est bonne pour les estomacs solides seulement. Elle éclaircie la vue mais enténèbre le cerveau. La moutarde fait mal à la tête et ne facilite pas la digestion. On doit en prendre avec modération. Si on aime la moutarde, faire chauffer du vin, en mettre dedans et agiter… la chaleur du vin lui a enlevé ce qu’elle avait de dangereux. Si on n’a pas de vin, la mettre dans du vinaigre froid, et ainsi elle ne fait pas de mal à celui qui en mange.

Pour Platine au 15e siècle, la moutarde est chaude et sèche. Elle est utile pour l’estomac et pour soigner la toux car elle fait cracher. Elle nettoie la tête et ramollit le ventre. Elle fait uriner et provoque les règles des femmes. Mais elle est dangereuse pour les yeux. Selon Avicenne, elle donne soif et provoque le désir d’habiter avec une femme. Son eau distillée est bonne pour les oreilles. Il faut la boire à jeun.

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Laurier

Pour Celse, au 1e siècle, le laurier est un répercussif réfrigérant.

Pour Platéarius, le laurier est chaud et sec. Des feuilles de laurier dans un bain chaud nettoient la matrice et aident à la conception. Le laurier cuit dans du vin sert contre les coliques, les douleurs d'estomac et les vomissements de cause froide. Contre le rhume, il faut inhaler les vapeurs d'eau de rose et de feuilles de laurier. L'huile de fruits du laurier est efficace contre les douleurs d'estomac de cause froide, contre toute douleur arthritique, excepté la goutte des hanches.

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Noix de muscade

Pour l'Ecole de Salerne, au 11e siècle (traduction 19e siècle) :

Elle ranime un cœur que l'affliction tue,
Et, bonne à l'estomac, elle éclaircit la vue.

Pour Aldebrandin de Sienne au 13e siècle, la noix de muscade et le macis sont chauds et secs au 2e degré. Ils confortent l'estomac, le foie et la rate et donnent bonne haleine. La noix de muscade fait uriner.

Pour le Tacuinum Sanitatis, la noix de muscade est chaude au 2e degré et humide au 1e degré. Elle est bonne contre la rétention d'urine et stimule l'intellect, mais elle est évacuée lentement par l'estomac (prendre un sucre d'orge très doux dans ce cas). La noix de muscade convient aux complexions froides et sèches, aux gens âgés, en automne et dans les régions méridionales.

Pour Platéarius, la noix de muscade et le macis sont chauds et secs au 2e degré. Contre la froideur de l'estomac, la mauvaise digestion, pour remédier aux mauvaises couleurs du visage dues à des affections froides, il faut donner de la noix de muscade le matin. Le vin de muscade (à base de muscade et anis, cumin ou mastic) est utilisé en cas de mauvaise digestion, de maux d'estomacs ou de flatulences. Le vin de macis est aussi utilisé en cas de mauvaise digestion. En cas de maladie de la poitrine, il faut cuire le macis dans du jus de fenouil et y ajouter du vin.

Pour Platine au 15e siècle, la noix de muscade est chaude et sèche. Elle réjouit l'estomac, améliore la vue, empêche de vomir, donne de l'appétit et une bonne haleine. Elle favorise la digestion, fait guérir les lentilles de la face (tâches de rousseur).

Jean Bruyérin-Champier, au 16e siècle, dit que les arabes attribuent à la noix de muscade une grande valeur comme remède, surtout contre l'affaiblissement des yeux, les nausées et les refroidissements et aigreurs d'estomac, les rhumes de cerveau.

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Persil

Pour Celse, au 1e siècle, le persil fait uriner.

Pour Grégoire au 13e siècle, le persil est chaud et sec et supprime la constipation.

Pour Aldebrandin de Sienne au 13e siècle, le persil est chaud et sec au 3e degré et, par nature, nourrit peu. Mais il provoque une bonne urine, détruit les enflures et les gaz et donne envie de coucher avec une femme. Il fait facilement suer, vaut pour les longues fièvres, l'hydropisie, les douleurs de reins et de la vessie.

Pour le Tacuinum Sanitatis, le persil est chaud et sec au 2e degré. Il provoque les urines et la menstruation, relâche la constipation, mais il donne des migraines si on en abuse. Le persil convient aux complexions froides et humides, aux vieux, l'hiver, dans toutes les régions.

Pour Platéarius, le persil est chaud et sec au 2e degré. La graine de persil est utilisée pour les problèmes urinaires. Le persil cuit avec les aliments facilite la digestion en éliminant du ventre les ventosités.

Pour Platine au 15e siècle, le persil est chaud et sec, il est diurétique, fait venir les règles, améliore les inflammations de l'estomac, fait suer et favorise l'activité sexuelle. Des graines de persil et de fenouil cuites dans du moût ou des graines de persil sucrées, avec de la saxifrage, cassent les calculs.

Jean Bruyérin-Champier, au 16e siècle, met en doute le savoir des anciens sur le persil : Galien disait que le persil est doux et agréable à l'estomac, Celse indiquait que le persil fait uriner. D'autres pensaient qu'il donne de l'épilepsie et qu'il nuit à la clarté de la vue. Très pragmatiquement, Bruyérin-Champier fait remarquer : Si tout ce que les auteurs sérieux ont écrit à son sujet est exact, on peut se demander pourquoi il vient si souvent dans notre alimentation.

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Poivre

Pour Celse, au 1e siècle, le poivre fait uriner et il échauffe.

Pour Jean Mésué au 9e siècle, le poivre rend l'urine abondante.

Pour Grégoire au 13e siècle, le poivre, chaud, sec, cause l'écoulement, digère et nettoie.

Pour Aldebrandin de Sienne au 13e siècle, le poivre est chaud au 4e degré, conforte l'estomac froid et détruit les humeurs froides et vicieuses. Il doit être évité par ceux qui sont de nature chaude, en été.

Pour Platéarius, le poivre est chaud au début du 4e degré et sec au milieu du 4e degré. La poudre de poivre mise dans les narines fait éternuer et nettoie le cerveau de ses superfluités fleugmatiques. Enduire un malade atteint de fièvre, au début d'un accès, de poivre mêlé à de l'huile d'olive ôte, sans doute aucun, la froideur et les tremblements qui apparaissent au début de cet accès. Le poivre et les figues cuits dans du vin nettoient la poitrine. Du poivre et des fiches sèches confortent la digestion. Du poivre en poudre mis à tremper dans de l'eau de rose élimine le pus dans l'œil et peut servir de collyre.

Le poivre long ne doit pas être donné aux sanguins et aux colériques car il échauffe trop. Pour Platine au 15e siècle, le poivre est chaud et sec au 4e degré. Il est donc déconseillé à ceux qui ont l'estomac froid car il leur détruit les humeurs froides et visqueuses et leur échauffe l'estomac et le foie, donne appétit de manger. Il est également contre indiqué aux colériques. Il fait uriner mais le poivre est dangereux pour les yeux et la vue. Il est dangereux pour les personnes fébriles, fait maigrir et sèche le sperme de l'homme.

Le poivre long aide à la digestion. Le poivre blanc est bon pour l'estomac et pour la toux froide et flegmatique. Le poivre blanc favorise l'appétit.

Pour Jean Bruyérin-Champier, au 16e siècle, on s'est mis dans la tête l'idée fausse que le poivre est de nature rafraîchissante, de sorte qu'on s'obstine à croire qu'il est vital d'en mettre dans les plats... Les savants conviennent qu'il aide admirablement la digestion. Il est même très avantageux aux natures pituiteuses... Certains médecins, qui ne manquent pas de science, recommandent, en case de froideur de l'estomac, de prendre deux à trois grains de poivre chaque matin.

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Sauge

Pour Hippocrate, la sauge est sèche et astringente.

Pour l'Ecole de Salerne, au 11e siècle (traduction 19e siècle), l'homme ne doit pas mourir s'il a de la sauge dans son jardin :

Homme, pourquoi meurs-tu, lorsqu'en ton jardin pousse
La Sauge ? Sur la mort tout remède s'émousse.
Elle affermit les nerfs, dissipe de la main
Le tremblement nerveux; de la fièvre soudain
Le feu languissant meurt. Sauge préservatrice,
Prête à nos maux toujours ta vertu protectrice !
A la tête souffrante elle apporte secours.
L'Antidote Adrien offre même recours.

Pour Aldebrandin de Sienne au 13e siècle, la sauge est chaude et sèche au 3e degré. Elle est bonne pour l'estomac froid, les paralytiques et conforte les nerfs. Comme elle réchauffe, la sauge est bonne à utiliser en hiver, pour ceux qui ont des humeurs froides. Elle est bonne contre la mauvaise haleine, pour les dents et les gencives.

Pour le Tacuinum Sanitatis, la sauge est chaude au 1e degré et sèche au 2e. Elle est bonne pour l'estomac et les maladies nerveuses froides. La sauge convient aux complexions froides, aux vieux, en hiver et dans les régions froides.

Pour Platéarius, la sauge est chaude au 1e degré et sèche au 2e degré. La sauge sauvage débouche les conduits et conforte les nerfs. La sauge cultivée chasse les humeurs. Un vin de sauge (vin dans lequel on fait cuire la sauge) est bon contre la paralysie, les contusions et l'épilepsie. Un bain chaud dans une décoction de sauge est efficace contre les empêchements d'urine, provoque les règles et nettoie la matrice. Une sauce faite de sauge, persil, vinaigre et un peu de poivre excite l'appétit perdu à cause d'humeurs froides dans l'estomac.

Pour Platine au 15e siècle, la sauge est chaude et sèche. C'est une herbe de grande vertu, efficace contre la paralysie des membres et les tremblements des mains. Il faut en frotter les dents et les gencives pour les nettoyer, les blanchir et les fortifier. La sauge conforte les estomacs froids et échauffe, c'est pourquoi il ne faut pas trop en prendre pendant les fortes chaleurs d'été. La sauge est meilleure en hiver, contre la mauvaise haleine. Le vin de sauge, en apéritif, est bon pour les nerfs, pour garder la santé, pour les paralytiques et pour ouvrir l'appétit.

Jean Bruyérin-Champier, au 16e siècle, prend ses distances vis-à-vis des superstitions populaires qui attribuent à la sauge le pouvoir de donner l'immortalité. Il signale qu'on estime qu'elle est utile contre les tremblements corporels. Un rôti de bœuf piqué de sauge permettrait de consumer la bile noire.

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Thym

Pour Hippocrate, le thym est chaud, laxatif et diurétique; il évacue les humeurs flegmatiques.

Pour Celse, au 1e siècle, le thym est un aliment de mauvais suc... contraire à l'estomac. Il fait aussi uriner et il stimule les sens.

Pour Jean Mésué au 9e siècle, le thym dissipe le gargouillement et le gonflement de l'estomac et des intestins.

Pour Platine au 15e siècle, la fleur de thym est chaude et sèche au 3e degré. Elle purge la colère noire des mélancoliques. Le thym améliore la vue, est bon pour l'estomac et la poitrine, tue les vers, fait uriner, provoque les règles et fait avorter des enfants morts. Du thym avec du sel et du vinaigre améliore la toux et fait cracher. Le thym avec du miel et du vinaigre est bon pour le cœur, pour les mélancoliques et ceux qui ont le cerveau confus.

Pour Jean Bruyérin-Champier, au 16e siècle, le thym est chaud au 3e degré. On dit qu'il est excellent pour l'acuité visuelle. Il est très bon comme diurétique.

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