Menu

Article : Sucre et produits sucrants.
Pour en savoir plus : Livres


Stévia, Stevia rebaudiana
Photo de Stevia rebaudiana :
Ethel Aardvark'

Edulcorants

Diététiques : Ayurvédique - Chinoise - Hippocratique - Officielle - Alternatives - Régimes


Origine

On appelle édulcorants des substances d'origine naturelle ou des substances d'origine synthétique donnant une saveur sucrée. Ce sont des additifs alimentaires servant à sucrer les aliments et employés comme substituts du sucre.

1 - Les édulcorants d'origine naturelle

Ils sont tirés des fruits, des légumes, du lait, du miel : fructose, lactose, maltose, glucose ... Un nouvel édulcorant naturel est désormais autorisé en France : le stévia.

Le stévia, Stevia rebaudiana ou chanvre d'eau, est un arbuste tropical vivace (40cm à 1m), de la famille des Asteraceae, originaire du Brésil et du Paraguay. Il pousse à l'état sauvage dans des prairies ou des massifs montagneux, sous un climat semi-aride. Depuis des centaines d’années, les Guarani utilisent les feuilles de stévia comme édulcorant dans leurs infusions de plantes et pour ses vertus thérapeutiques. Ils le considèrent en effet comme hypoglycémiant, hypotenseur, diurétique et cardiotonique. Le stevia est aussi utilisé traditionnellement au Paraguay comme plante abortive, c’est pourquoi il a longtemps été interdit à la vente.

Il y a environ 30 ans, quand l’innocuité du stévia et des extraits de stévioside ont été prouvés, le Japon, Israël, plusieurs pays d’Asie et d’Amérique latine l’ont autorisé comme additif alimentaire. Les USA, le Canada et la France ont autorisé à la vente le stévia comme complément alimentaire, mais l’ont interdit comme additif, par crainte de problèmes liés à la fertilité. La Chine est le pays qui cultive et exporte le plus de stévia. L’OMS a déclaré en 2006 que les stéviosides n’ont pas d’effet sur la reproduction. C’est pourquoi le Canada en 2008 et la France le 26 août 2009, ont finalement autorisé l’extrait de stévia appelé rébaudioside A comme additif alimentaire.

En France, les doses maximales autorisées sont entre 150mg/l et 1260mg/l. Aux Etats Unis, les firmes Coca Cola et Pepsi Cola étudient le remplacement des édulcorants par des extraits de stévia. Ils se heurtent actuellement à 2 problèmes : la difficulté de mettre au point un extrait purifié sans goût (l’arrière goût de réglisse ne convient qu’aux boissons citronnées) et le coût de cet édulcorant naturel (3 fois plus cher que les édulcorants synthétiques).

Avantages et inconvénients du stévia

2 - Les édulcorants d'origine synthétique

Ils sont classés en édulcorants de masse (ou de charge) et édulcorants intenses.

Ces édulcorants synthétiques sont principalement utilisés dans les médicaments, dans l'industrie agro-alimentaire, c'est pourquoi on les retrouve dans de nombreux aliments industriels. Les particuliers ont également à leur disposition des édulcorants en poudre ou en mini morceaux, pour remplacer le sucre (aspartame ou saccharine).

Certains édulcorants sont interdits en France (cyclamate) ou seulement autorisés dans certains pays, comme la thaumatine (autorisée aux USA, au Japon, en Grande Bretagne ou en Espagne).

Attention : la mention sans sucre signifie seulement que les produits concernés ne contiennent pas de saccharose.

Produits "light" ou "allégés"

De nombreux produits proposant des édulcorants sont vendus avec la mention light ou allégé ou diet. Cela signifie seulement que ces produits sont peu caloriques en sucre. Il est indispensable de vérifier sur les étiquettes la teneur en graisses (lipides). En effet, les industriels de l'agro-alimentaire, qui veulent continuer à proposer des aliments riches en saveurs, remplacent souvent le sucre par des édulcorants et des lipides quand ils estiment que la mention sans sucre est meilleure pour leurs ventes. Les lipides donnent une texture moelleuse et onctueuse aux aliments.

Dangers des édulcorants d'origine synthétique

Des études scientifiques contradictoires et des articles de journaux encore plus contradictoires circulent sur les avantages ou les dangers des édulcorants :

L'aspartame

L'aspartame est principalement contre-indiqué pour les personnes souffrant de phénylcétonurie (déficit d'enzymes, empêchant la transformation de la phénylalanine).

Mais l'aspartame est parfois présenté comme un "poison violent", provoquant, entre autres, des cancers.

Plusieurs études réfutent le danger présumé de l'aspartame :

- Pour répondre aux critiques, la société Merisant, qui commercialise en Europe les produits Canderel, et aux USA les produits Equal, édulcorants à base d'aspartame, dit :

Conformément aux recommandations de l'OMS (Organisation Mondiale de la Santé), la Dose Journalière Admissible d'Aspartame est de 40mg par jour et par kilogramme de poids corporel.

Un adulte de 60 kilos peut ainsi consommer sans aucun risque pour sa santé une centaine de comprimés ou de cuillérées à café de Canderel par jour, une limite que vous êtes loin d'atteindre dans votre consommation quotidienne. En effet, en consommant 5 cannettes de soda light et 5 cafés avec Canderel, vous êtes encore largement en dessous de la dose journalière.

- L'AFSSA (agence française de sécurité sanitaire des aliments), étudie la question et donne ses conclusions en 2002 : L'hypothèse d'Olney qui considérait l’exposition à l'aspartame comme une cause possible de l'augmentation de l’incidence des tumeurs du cerveau chez l'homme n’est, à ce jour, pas confirmée par les données expérimentales chez l’animal et les données épidémiologiques chez l’homme.

L’analyse de la littérature met en évidence l’absence d’arguments pour établir un lien de causalité entre aspartame et crises d’épilepsie ou anomalies de l’électroencéphalogramme chez l’homme.

En comparaison avec les aliments courants, l’aspartame est une source mineure de phénylalanine, d’acide aspartique et de méthanol. Ces composés ne peuvent donc pas être à l’origine d’effets nocifs pour le consommateur aux conditions normales d’emploi de cet édulcorant.

L’innocuité de l’aspartame a été évaluée et reconnue par de nombreux organismes nationaux et internationaux dont la FDA au Etats-Unis, le JECFA et le Comité scientifique de l’alimentation humaine (CSAH) pour l’Europe. Il a été autorisé par la Directive 94/35/CE du Parlement européen et du Conseil concernant les édulcorants destinés à être employés dans les denrées alimentaires (adoptée le 30 juin 1994) et son utilisation est approuvée dans plus de 90 pays. La DJA pour l’homme est de 40 mg par kg de poids corporel et par jour depuis 1980.

- En 2006, les Entretiens de Bichat étudient le problème des édulcorants. Une intervention de Mme France Bellisle (Inra) porte sur les édulcorants intenses, leur action sur le cerveau et leur rôle dans le contrôle pondéral. En voici la conclusion :

L'utilisation d'édulcorants intenses dans certains produits alimentaires est susceptible d'en faire baisser la densité énergétique et, par conséquent, de favoriser une réduction des apports énergétiques et un meilleur contrôle du poids corporel dans le cadre d'une alimentation rationnelle, correspondant aux besoins du mangeur. Cet effet ne se produit pas automatiquement ou de façon magique : l'usage d'édulcorants intenses ne suffit pas à améliorer le contrôle pondéral si l'alimentation est excessive.

Une récente méta-analyse d'essais randomisés contrôlés appuie la notion que l'économie d'apports énergétiques réalisée en remplaçant des sucres par des édulcorants aboutit effectivement à une réduction pondérale. Des données récentes confirment que ni le cerveau ni le pancréas ne réagissent au goût sucré des édulcorants comme s'ils étaient des sucres.

Intervention totale : Hippocratus mag - art 986

Une autre intervention de Mme Dominique Parent-Massin (professeur de toxicologie alimentaire, expert auprès de l’Afssa) concerne les dangers de l'aspartame et une étude italienne de 2005. Son intervention se termine de la manière suivante :

L'EFSA (autorité européenne de sécurité des aliments) conclue que cette étude ne peut être retenue et qu'aucune nouvelle donnée significative sur d'éventuels effets toxiques de l'aspartame n'a été publiée depuis l'avis du SCF de 2002. L'EFSA confirme dans cet avis la DJA de l'aspartame à 40 mg/kg pc /j.

Intervention totale : Hippocratus mag - art 987

Les édulcorants et le diabète

Une étude israélienne parue dans la revue Nature le 17 septembre 2014, met en garde l'utilisation des édulcorants qui pourraient favoriser le diabète.

Testés sur des souris, 3 édulcorants (aspartame, saccharine et sucralose) ont provoqué une intolérance au glucose, signe avant-coureur du diabète.

Un essai préliminaire de consommation de saccharine sur 7 personnes en bonne santé a permis de constater une intolérance au glucose de 4 personnes et une modification de leur flore digestive.

L'étude demanderait à être reproduite sur un nombre plus élevé de personnes, mais une alerte est lancée sur les risques potentiels des produits lights.

Pour en savoir plus : Le Monde.

Comment repérer la présence d'édulcorants dans les produits agro-alimentaires ?

Les édulcorants sont faciles à repérer sur les étiquettes des produits, grâce à un code, dont voici la liste :

E 950 = Acésulfame K
E 951 = Aspartame
E 952 = Acide cyclamique et ses sels (cyclamates) de Na et de Ca
E 953 = Isomalt
E 954 = Saccharine et ses sels (saccharinates) de Na, K et Ca
E 955 = Sucralose
E 957 = Thaumatine
E 959 = Néohespéridine dihydrochalcone (NHDC)
E 965 I = Maltitol
E 965 II = Sirop de maltitol
E 966 = Lactitol
E 967 = Xylitol.

Il faut ajouter à cette liste des édulcorants classés dans la rubrique des gommes (épaississants ou gélifiants) :

E 420 I = Sorbitol
E 420 II = Sirop de sorbitol
E 421 = Mannitol.

Comparaison du pouvoir sucrant des édulcorants avec les autres produits sucrants

En prenant comme référence la saccarose (100% de pouvoir sucrant), on obtient :

Plus sucrants :
Fructose = 173%
Sucre inverti (trimoline) = 127%

Equivalent : Xylitol = 100%

Moins sucrants :
Maltitol = 90%
Miel = 76%
Glucose atomisé = 70%
Sorbitol = 60%
Isoglucose = 40 à 60%
Mannitol = 50%
Sirop de glucose = 45%
Lactitol = 35%
Maltose = 32%
Lactose = 16%



- haut - autres aliments -


Dhanvantari, logo diététique ayurvédique Diététique ayurvédique

Les édulcorants sont rejetés par cette diététique.

- haut - autres aliments -


Le Yin et le Yang, logo diététique chinoise Diététique chinoise

Les édulcorants sont rejetés par cette diététique.

- haut - autres aliments -


Hippocrate, logo diététique hippocratique Diététique hippocratique

Les édulcorants sont une invention moderne et sont donc inconnus pour cette diététique.

- haut - autres aliments -


molécule acide aminé, logo diététique officielle Diététique officielle

La diététique officielle accepte les substituts du sucre car ils favorisent une réduction des apports énergétiques et un meilleur contrôle du poids corporel dans le cadre d'une alimentation rationnelle.

- haut - autres aliments -


Derain, logo diététiques alternatives Diététiques alternatives

Les édulcorants sont rejetés par ces diététiques.

- haut - autres aliments -


Modigliani, logo régimes alimentaires, maigrir, perdre du poids Régimes alimentaires

Certains régimes acceptent les substituts du sucre pour les mêmes raisons que la diététique officielle.

Le régime Montignac préfère les éviter :

Les produits contenant des édulcorants sont à éviter en règle générale. Théoriquement, l’on peut consommer des édulcorants. Mais des études ont montré que les édulcorants chimiques avaient pour effet d’augmenter anormalement la glycémie au repas suivant. L’autre inconvénient des édulcorants de synthèse, est qu’ils entretiennent artificiellement une dépendance au sucre et au sucré. Il vaut donc mieux en limiter la consommation.


- haut - autres aliments -